
Actualités N°39 du 27 septembre : santé mentale au travail, l'Europe passe à l'offensive

Actualités N°39 du 27 septembre : santé mentale au travail, l'Europe passe à l'offensive
Édito
Cette semaine, Bruxelles envoie un signal fort : la santé mentale au travail devient une priorité affichée de l'agenda européen, portée par une campagne institutionnelle de grande ampleur. Pour les DRH français, cela signifie une chose simple : les RPS ne sont plus un sujet périphérique, mais un pilier de la conformité et de la performance.
EU-OSHA lance sa campagne 2026-2028 sur la santé mentale au travail
L'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a officiellement mis en ligne le site de sa nouvelle campagne « Healthy Workplaces », entièrement dédiée à la santé mentale au travail pour la période 2026-2028. Ce hub centralise ressources, outils et bonnes pratiques à destination des employeurs, des préventeurs et des partenaires sociaux.
Ce qui s'est passé : une plateforme institutionnelle unique, accessible à tous, qui structure l'action européenne autour d'un objectif clair — faire de la santé mentale un enjeu de prévention à part entière.
Ce que ça implique : pour les organisations françaises, cette campagne fournit un cadre de référence utile pour structurer la démarche QVCT. Les outils proposés peuvent alimenter directement l'évaluation des RPS inscrite au DUERP, et servir de base à des actions de sensibilisation auprès des managers et des CSE. L'approche européenne légitime aussi les investissements dans la prévention primaire, souvent difficiles à arbitrer en interne. Anticiper cette dynamique, c'est se donner de l'avance sur les attentes réglementaires et sur les attentes des salariés.
Évaluation des RPS, harcèlement, violences : les priorités d'action identifiées
Dans le prolongement de la campagne, EU-OSHA a publié un support de présentation détaillant les priorités d'action : évaluation des RPS, prévention du harcèlement, lutte contre les violences au travail, et attention particulière à certains secteurs exposés (santé, aide à la personne, services).
Ce qui s'est passé : un document opérationnel qui liste noir sur blanc les chantiers à mener, avec des pistes concrètes pour les employeurs et les préventeurs.
Ce que ça implique : ce support est une feuille de route déguisée. Il rappelle que l'évaluation des RPS doit être régulière, documentée et intégrée au DUERP — pas un one-shot réalisé une fois pour se couvrir. Le harcèlement et les violences internes, souvent sous-déclarés, doivent faire l'objet de dispositifs de signalement accessibles et d'enquêtes tracées. Pour les DRH, l'enjeu est double : réduire l'absentéisme lié aux risques psychosociaux et sécuriser juridiquement l'employeur. Les secteurs cités — santé, aide à la personne — sont précisément ceux où l'absentéisme et le burn-out explosent depuis plusieurs années. Un signal à ne pas ignorer.
Le management, premier levier de prévention des RPS
La presse spécialisée s'est fait l'écho cette semaine de stratégies managériales fondées sur les sciences comportementales, avec un angle clair : mieux écouter, mieux décider, réduire les biais cognitifs qui dégradent la relation de travail. Un contenu moins institutionnel, mais qui touche au cœur du sujet.
Ce qui s'est passé : des recommandations actionnables pour les managers, centrées sur l'écoute active et la qualité de la décision.
Ce que ça implique : le management reste le premier facteur de risque — et le premier levier de prévention — en matière de RPS. Un manager qui écoute mal, qui décide sous biais ou qui ignore les signaux faibles alimente directement le burn-out et l'absentéisme de son équipe. Inverser la tendance suppose de former les encadrants, pas seulement à des outils, mais à des postures. C'est un investissement QVCT à fort retour : les équipes bien managées déclarent moins de RPS et s'absentent moins. À intégrer dans les plans de formation et dans les indicateurs de suivi du DUERP.
Ce qu'il faut surveiller la semaine prochaine
Trois points à garder à l'œil. D'abord, la déclinaison nationale de la campagne EU-OSHA : les relais français (ANACT, Carsat, ministère du Travail) devraient publier leurs propres outils dans les prochaines semaines — un bon moment pour aligner votre démarche QVCT sur un référentiel reconnu. Ensuite, l'actualité jurisprudentielle sur le harcèlement et la responsabilité de l'employeur, toujours mouvante. Enfin, les premières remontées d'absentéisme de la rentrée : septembre est souvent révélateur des tensions accumulées avant l'été. Si vos indicateurs RPS s'agitent, c'est maintenant qu'il faut agir, pas en janvier.
Phelypea Conseil accompagne les DRH et les CSE dans la construction de démarches QVCT solides : évaluation des RPS, mise à jour du DUERP, formation des managers et prévention de l'absentéisme. Contactez-nous pour un diagnostic.